Un jour de travail en moins. Un peu d’air en plus. À l’approche de la retraite, passer à 80 % peut être un vrai projet de vie.
Le salaire baisse, évidemment. Mais le 2e pilier doit-il forcément suivre exactement le même mouvement ?
Pas toujours. Après 58 ans, une possibilité mérite d’être vérifiée avant de signer son nouveau taux d’activité : maintenir sa prévoyance au niveau du dernier gain assuré. Avec une nuance qui compte : le financement ne suit pas forcément les habitudes de votre fiche de salaire.
Marc veut récupérer ses vendredis
Exemple entièrement fictif. Marc a 59 ans, il est marié et ses enfants sont adultes. Il gagne 120’000 francs bruts par an à plein temps. Il souhaite passer à 80 % chez le même employeur, sans prendre de prestations de retraite pour le moment.
Nous supposons que son salaire diminue proportionnellement : il passe à 96’000 francs, soit 24’000 francs bruts de moins par année.
Marc a prévu cette baisse dans son budget. En revanche, il n’a pas encore demandé ce que deviendra son salaire assuré dans la caisse de pension. Or salaire brut et salaire assuré ne sont pas synonymes : le plan de prévoyance détermine la base effectivement retenue.
Ce n’est donc pas le moment de deviner une future rente avec une règle de trois.
Une possibilité prévue par la loi, à retrouver dans le règlement
L’article 33a LPP permet à une institution de prévoir le maintien de la prévoyance au niveau du dernier gain assuré pour les personnes ayant atteint 58 ans, lorsque leur salaire diminue de moitié au maximum.
Deux mots sont essentiels : « peut prévoir ». Toutes les caisses ne proposent pas automatiquement cette option. Il faut que le règlement l’autorise, puis en demander l’application selon les modalités de la caisse.
Ce maintien peut aller au plus tard jusqu’à l’âge de référence réglementaire. Il ne remplace pas le salaire perdu et ne signifie pas que Marc touche déjà une retraite partielle. Ici, il continue de travailler et de financer sa prévoyance sur une base plus élevée que celle qui résulterait de sa réduction de salaire.
Le détail qui change le budget : qui paie le supplément ?
Sur les cotisations destinées à ce maintien, la parité habituelle ne s’applique pas. Une participation de l’employeur suppose son accord. Marc pourrait donc devoir financer seul le supplément, y compris ce qui aurait habituellement correspondu à une part patronale.
Prenons un plan purement illustratif, pas le minimum légal : le gain assuré passerait de 100’000 à 80’000 francs. Si le taux total d’épargne applicable à la différence est de 20 %, maintenir ces 20’000 francs représente 4’000 francs d’épargne supplémentaire par an, soit environ 333 francs par mois. D’éventuelles cotisations de risque ou autres frais s’ajouteraient selon le plan.
Sans participation de l’employeur à ce supplément, cette somme serait à la charge de Marc. Avec un salaire déjà réduit, la question mérite mieux qu’un « on verra ».
Ces montants sont des hypothèses pédagogiques. Seule la caisse peut établir le devis réel et les prestations correspondantes. Maintenir un gain assuré n’est pas une garantie que toute projection de rente restera identique : les autres paramètres du plan comptent aussi.
Deux simulations avant de choisir
Marc devrait demander une projection avec son nouveau salaire assuré, puis une autre avec maintien de l’ancien. Pour chacune : cotisation personnelle, participation de l’employeur, prestations vieillesse et couverture décès-invalidité. Il faut aussi faire préciser la démarche, les délais et les possibilités de mettre fin au maintien.
Dans CreditX, il peut relier son certificat au règlement de sa caisse, puis actualiser son salaire et son plan de 2e pilier une fois le choix confirmé. L’analyse globale replace ce plan à côté de l’AVS, du 3a et de l’épargne libre. Cela aide à préparer l’arbitrage sans regarder la seule rente projetée en oubliant l’argent disponible aujourd’hui.
L’app ne dépose pas la demande auprès de la caisse et ne garantit pas l’éligibilité. Elle aide à partir des bonnes informations.
Avant de négocier votre vendredi libre, demandez donc aussi le prix des deux variantes de prévoyance. Ce vendredi mérite une décision éclairée, pas une mauvaise surprise sur le prochain décompte.
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La minute prévoyance | Habib Osmani — CreditX
Sources officielles pour le lecteur
LPP, art. 33a : conditions et financement du maintien.
PUBLICA : préparer la retraite, rubrique « Maintenir son niveau de prévoyance ».
Exemple réglementaire : RPEC, art. 18c, pages 8–9. Ce règlement concerne la Caisse de prévoyance de la Confédération et ne s’applique pas à toutes les caisses.
