Votre testament dit une chose. Votre pilier 3a peut en faire une autre.
Ce n’est pas une anomalie. Le pilier 3a possède son propre ordre de bénéficiaires. Et, jusqu’au 31 mai 2027, une personne mariée ne peut pas simplement décider que ses enfants passeront avant son conjoint pour recevoir ce capital.
La règle va changer.
Le Conseil fédéral a adopté le 12 juin 2026 une modification de l’OPP 3 qui entrera en vigueur le 1er juin 2027. Elle donnera davantage de liberté pour organiser le versement du capital 3a en cas de décès, notamment dans les familles recomposées.
Exemple fictif : Nadia veut protéger trois personnes, pas en oublier une
Nadia a 45 ans. Elle exerce comme architecte indépendante en raison individuelle et gagne environ 170’000 francs par an. Elle est remariée et a deux enfants adolescents d’une première union.
Au fil des années, elle a constitué 180’000 francs sur plusieurs solutions 3a.
Nadia pense avoir réglé la question dans son testament : son conjoint recevrait une partie de son patrimoine, tandis que ses enfants seraient protégés par le reste.
Mais son pilier 3a ne suit pas automatiquement cette logique. Aujourd’hui, le conjoint survivant occupe le premier rang. Les descendants directs se trouvent au deuxième rang.
Autrement dit, la phrase « tout est écrit dans mon testament » ne suffit pas pour organiser le versement du 3a.
Ce qui changera le 1er juin 2027
À partir de cette date, Nadia pourra déplacer un ou plusieurs bénéficiaires du deuxième rang — notamment ses enfants — au même rang que son conjoint.
Elle pourra ensuite fixer les parts. Par exemple : 40 % pour son conjoint et 30 % pour chacun de ses deux enfants.
Ce n’est qu’un exemple. La nouvelle règle impose toutefois un garde-fou : lorsqu’un bénéficiaire du premier ou du deuxième rang est inclus dans la répartition, sa quote-part ne pourra pas être ramenée sous 10 %.
Et si Nadia ne fait rien ? L’ordre par défaut restera le même : conjoint ou partenaire enregistré au premier rang, puis les bénéficiaires du deuxième rang.
La réforme n’oblige donc personne à changer sa répartition. Elle ouvre un choix supplémentaire.
Le document qui compte n’est pas seulement le testament
La désignation doit être communiquée par écrit, du vivant de la personne, directement à l’institution du pilier 3a. L’OFAS recommande cette démarche expresse pour éviter les contestations.
Le bon réflexe sera donc de contacter chaque banque, fondation ou assureur auprès duquel un 3a existe, puis de conserver la confirmation. Une instruction donnée à un établissement ne modifie pas automatiquement les autres contrats.
Avant le 1er juin 2027, Nadia ne peut pas encore utiliser cette nouvelle liberté. Les institutions disposent justement de ce délai pour adapter leurs règlements et leurs procédures.
Raison individuelle ou Sàrl : la nuance à garder
Nadia est indépendante en raison individuelle. Si elle n’est pas affiliée à une caisse de pension, son pilier 3a peut représenter une part centrale de sa prévoyance.
Le dirigeant de sa propre SA ou Sàrl, lui, est salarié de sa société et peut être affilié au 2e pilier. Mais son éventuel pilier 3a reste un dispositif séparé, avec son propre ordre de bénéficiaires. Le certificat LPP ne règle donc pas cette question à sa place.
Ce que CreditX apporte dans ce cas
Dans CreditX, Nadia peut replacer ses différents 3a dans l’ensemble de sa situation : AVS, éventuel 2e pilier, protection privée et épargne libre. Cela permet de voir quels capitaux suivraient quelles règles et si la répartition imaginée pour la famille tient réellement debout.
Après un remariage, une naissance ou une séparation, la mise à jour des données et des documents devient particulièrement utile. Mais CreditX ne transmet pas automatiquement une désignation de bénéficiaires : la demande écrite doit bien parvenir à chaque institution concernée.
D’ici au 1er juin 2027, faites déjà l’inventaire de vos 3a et demandez l’ordre actuellement enregistré. Ensuite, vous pourrez décider avec des faits — pas avec une supposition.
Découvrir CreditX sur l’App Store : https://apps.apple.com/us/app/creditx/id6793468363
Sources officielles
OFAS — Bulletin de la prévoyance professionnelle n° 168, chiffre 1168
Fedlex — OPP 3, art. 2, droit actuellement en vigueur
La minute prévoyance | Habib Osmani — CreditX
